Dossier d’œuvre architecture IA97300124 | Réalisé par
Besnard Lionel (Enquêteur)
Besnard Lionel

Chargé de recherches inventaire du patrimoine, Collectivité Territoriale de Guyane

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  • enquête thématique régionale, Patrimoine de l'économie aurifère en Guyane
Maison Merlet (Cayenne)
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • Collectivité Territoriale de Guyane

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Guyane
  • Commune Cayenne
  • Adresse 1 rue Molé , 22 avenue du général De Gaulle
  • Cadastre 1978 AC 144
  • Dénominations
    maison

La maison Merlet, parfois nommée selon ses possesseurs ultérieurs, a été bâtie par le maire de Cayenne Nicolas Merlet (1783-1867) et son épouse Jeanne-Angélique Monach. En mauvais état en 2026, elle reste un témoin précoce de l'établissement d'une architecture cayennaise originale et de son évolution. Celle-ci est notamment documentée par la commande en 1868 de garde-corps, toujours en place, à la maison A.Durenne de Paris, pendant les travaux de l'entrepreneur Théodore Céïde. C'est ce dernier, enrichi par les concessions aurifères à partir de 1873, qui rachète la maison en 1881. Si l'étage était habité, le rez-de-chaussée a servi d'appartements pour le commissariat voisin, mais surtout de commerce grâce à son emplacement privilégié au centre de la ville.

Maison construite vers 1820 par Nicolas Merlet (1783-1867), maire de Cayenne de 1845 à son décès, et son épouse Jeanne-Angélique Monach, héritière de la parcelle. Une petite maison préexistait, propriété des Monach, qui est entièrement remplacée par l'actuelle maison.

Entre 1868 et 1871, d'importants travaux sont commandités par Auguste Merlet, fils du précédent, à l'entrepreneur Théodore Céïde pour la somme importante de 17 000 francs. La surface de la maison est considérablement augmentée, notamment grâce à l'ajout une aile en retour sur la rue Molé, aujourd'hui presque entièrement détruite. Auguste Merlet avait acquis la maison de son père suite à une licitation pour un montant d'environ 20 000 francs. Lors de son décès, puis de celui de son épouse née Douillard, en 1870 et 1871, elle a acquis une valeur d'environ 60 000 francs, soit le triple de sa valeur d'achat. C'est lors de ces travaux que plusieurs garde-corps sont commandés à la fonderie Antoine Durenne à Paris : ces derniers figurent d'ailleurs dans le catalogue des modèles de balcons d'Antoine Durenne en 1868. L'inventaire après décès d'Auguste Merlet mentionne des dettes auprès de la maison Antoine Durenne (1700 francs), ainsi que des commandes importantes de chaux auprès des négociants nantais pour les travaux d'agrandissement.

Lors de l'adjudication par licitation du 20 juin 1868, un bail de location à l'administration est mentionné : les 6 pièces du rez-de-chaussée côté avenue du Général de Gaulle (alors rue de la Liberté) et trois pièces de l'aile sur la rue Molé sont louées pour des appartements d'agents de la police, dont le commissariat est le bâtiment voisin. A cette époque, seul l'étage de la maison principale est occupé par les propriétaires.

La maison est vendue aux enchères par les héritiers Merlet le 5 décembre 1881. Fabien Leblond qui l'acquiert la revend quelques jours plus tard à Théodore Céïde, l'entrepreneur devenu chercheur d'or qui avait réalisé les travaux d'agrandissement. Après la mort de ce dernier, c'est son associé dans les concessions du Sinnamary Fidéli Cléobie qui emporte l'adjudication le 7 avril 1887. Elle est alors louée à l'assureur Célestin Sertorius.

  • Période(s)
    • Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
    • Secondaire : 3e quart 19e siècle , daté par source
  • Dates
    • 1820, daté par source
    • 1868, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Céïde Théodore
      Céïde Théodore

      Menuisier et entrepreneur de travaux documenté pour plusieurs constructions entre 1853 et 1874 à Cayenne. Il semble abandonner cette profession à partir de 1874 et sa réussite la prospection aurifère. Cependant, sa maison rue du Lieutenant Brassé contenait d'importants stocks de matériaux de construction lors de son décès en 1883.

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Maison à deux étages avec chien-assis "formant un deuxième étage" à structure pan de bois-aisseliers, construite sur un solin de briques, avec remplissage briques enduites. Elle possède une toiture à coyaux de type traditionnelle, couverte en tôle galvanisée. Les garde-corps en fonte sont commandés à la maison Antoine Durenne entre 1868 et 1871. L'aile en retour d'équerre sur la rue Molé a été détruite au début du 21e siècle.

La maison est ainsi décrite dans le document préparatoire à la vente aux enchères du 23 novembre 1881 : "principal corps de logis à étage, avec lucarnes au dessus en forme de second étage, avec autre corps de logis à étage faisant aile en retour sur la rue Molé, bâtiment de servitude, hangar servant de remise et écurie, cour, puits et prise d'eau du Rorota".

Dans l'inventaire après décès de Madame Douillard veuve Merlet, le 8 mai 1871, seul l'étage sur l'avenue du général De Gaulle est décrit comme habité par les Merlet. Il possède plusieurs chambres et cabinets, un salon et une galerie sur la cour "servant de salle à manger". Le rez-de-chaussée est loué au commissariat de police voisin. Comme il est d'usage à cette date, la salle de bain (principalement meublée d'une baignoire en zinc) et la cuisine (avec chaudière, poêle, gril, réchaud, rôtissoir et mortier en marbre avec son pilon en bois) font partie des servitudes sur la cour, à l'arrière.

En 1877, dans un bail de location, toutes les salles sont décrites comme "blanchies à la chaux", avec sols en plancher ou en carrelage.

  • Murs
    • bois pan de bois
    • brique maçonnerie enduit
  • Toits
    tôle galvanisée
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 étage carré, comble à surcroît
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Précisions sur la protection

    Maison non protégée en mauvais état en 2026.

Documents d'archives

  • Actes du notaire Rousseau Saint-Philippe, 1871.

    Archives Territoriales de Guyane : 2E3/39
  • inventaire après décès de Fidéli Cléobie

    Archives Territoriales de Guyane : 2E1/68
Date(s) d'enquête : 2026; Date(s) de rédaction : 2026
Collectivité Territoriale de Guyane
Besnard Lionel
Besnard Lionel

Chargé de recherches inventaire du patrimoine, Collectivité Territoriale de Guyane

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