Lumière sur

Maison d'arrêt ayant cessé son activité en avril 1998, la "prison civile" de Cayenne est un témoin privilégié de l'évolution de l'architecture pénitentiaire depuis la Monarchie de Juillet jusqu'en 1998. Elle est construite une vingtaine d'années avant l'abolition de l'esclavage et le décret sur la transportation. Son pavillon central relativement bien préservé ainsi que l'ensemble de la conception de l'espace, inspiré par la pratique de la ségrégation, toujours lisible en 2026, constituent un témoignage unique sur l'incarcération pendant la période esclavagiste.

Elle documente également les premiers temps de l'urbanisation de Cayenne à l'est du noyau ancien dans la première moitié du 19e siècle.

Son intérêt réside aussi dans la présence d'un maître d'oeuvre identifié, l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Barthélémy-Edouard Cousinéry (1790-1851), qui transmet à la façade et au pavillon d'entrée une rigoureuse élégance. Il conviendrait de réévaluer la production de cet ingénieur formé à l'école polytechnique, puisque l'on conserve des dessins de sa main pour deux églises (dont l'actuelle cathédrale) et la cour d'appel à Cayenne, construits à la même époque.

Enfin, l'arrêt brutal des activités de la prison en avril 1998 confère à l'ensemble du mobilier, des affichages, des décors, posters et graffiti un caractère temporel très marqué.

Vue aérienne de la prison depuis l'est en 1983