Chargé de recherches inventaire du patrimoine, Collectivité Territoriale de Guyane
- enquête thématique régionale, Patrimoine de l'économie aurifère en Guyane
- Collectivité Territoriale de Guyane
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Guyane
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Commune
Cayenne
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Adresse
59 rue François Arago
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Cadastre
AC
100
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Dénominationsimmeuble à logements
Edifice aux nombreuses références aristocratiques, symbolique de l'économie aurifère et de la réussite de son commanditaire Laurent-Archange dit Théophile Vitalo (1845-1895), la maison Vitalo est construite en 1875.
Le commanditaire, chercheur d'or qui multiplie les acquisitions foncières après 1873, inaugure alors l'exploitation du placer Saint-Elie à Sinnamary. La maison Vitalo est très présente dans la tradition orale et la littérature guyanaises, où on l'on trouve souvent des références aux réceptions fastueuses de son propriétaire, ainsi que la légende des pièces d'or qui recouvrent sa chambre, rangées sur la tranche afin de ne pas piétiner le symbole républicain. L'immeuble est également signalé dans la tradition populaire comme ayant été le premier de Cayenne à bénéficier de la distribution d'eau, dite "robinet d'eau Rorota" dans les archives de la période, par référence au lieu de puisage.
Le maître d'oeuvre pourrait se trouver dans l'entourage de Théodore Céïde, qualifié "d'entrepreneur de travaux" dans les archives, attesté sur plusieurs chantiers contemporains et associé au commanditaire Vitalo dans la recherche aurifère à Saint-Elie. En 1871, deux ans avant l'acquisition du terrain où est bâtie la maison Vitalo, les frères Téophile, Elie et Auguste Vitalo avaient acheté une maison dans la banlieue sud de Cayenne, dont les travaux de "réparations et d'agrandissement" avaient été réglés 24 000 francs à Théodore Céïde.
La maison Vitalo, qui ménage une cour ornée d'une fontaine à l'arrière, semble emprunter quelques caractères aux immeubles d'armateurs portuaires hexagonaux du siècle précédent, en particulier ceux de Nantes, avec lesquels il partage la même austérité tempérée par l'aménagement, la disposition et le décor des balcons en fer forgé, ainsi que des analogies dans l'élévation et le couvrement.
Immeuble commandité par Théophile Vitalo sur un terrain nu acheté aux héritiers Lagrandeur lors d'une vente par adjudication le 8 septembre 1873. L'immeuble est qualifié "d'inachevé" en le 22 avril 1875, lors du dépôt du testament de Théophile Vitalo auprès du notaire Rousseau de Saint-Philippe, dans lequel il est stipulé que l'immeuble est destiné à ses filles Laure et Marie-Louise Vitalo, filles aînées de Théophile Vitalo avec sa compagne Constance Nagot. Ce testament sera révoqué par celui du 12 avril 1878.
Le nouvel immeuble devient la résidence de Théophile Vitalo et sa femme Geneviève-Bertille Darzel, qu'il épouse le 10 octobre 1876. Il constitue alors l'hypothèque légale du contrat de mariage et peut donc être considéré comme achevé. La dot de Geneviève-Bertille Darzel compte quelques meubles et "quatre tableaux ayant pour sujet des natures vivantes". Lors de ce mariage, un maître menuisier-ébéniste, possible acteur de la construction, est mentionné comme témoin de la mariée : Paul Polycarpe.
Des travaux initiés peu de temps après le début de l'exploitation du placer Saint-Elie
Alors qu'il est associé dans l'exploitation du placer "Dieu Merci" depuis 1872, Théophile Vitalo revient à Cayenne le 20 avril 1873 avec 14 kilos d'or. Son frère Elie, à la même période, découvre le placer auquel le nom fera référence (Saint-Elie). Théophile fonde alors en mai 1873 avec Fidéli Cléobie une nouvelle société pour exploiter le placer Saint-Elie sur la crique Pactole. En novembre 1873, près de seize kilos d'or natif sont ramenés à Cayenne, avec l'aide de Théodore et Aristide Céïde. Dès lors, la société est élargie à ces deux derniers, déjà associés à "Dieu Merci" et propriétaires du bateau de transport du même nom. Quatre ans plus tard, 1636 kilos d'or ont été exhumés à Saint-Elie.
C'est dans ce contexte que Théophile Vitalo multiplie les acquisitions foncières, dans le but de diversifier ses activités et d'augmenter son prestige dans la colonie. Avant l'acquisition d'une portion du domaine de Montabo en 1874, il acquiert le terrain nu destiné à son immeuble le 8 septembre 1873. L'adresse est alors le 22 rue de Berry.
C'est cette maison, inachevée, qu'il mentionne lors de la rédaction de son testament le 22 avril 1875: "Dans le cas où à l'époque de mon décès, la maison dont il s'agit ne serait point encore achevée, j'entends que les légataires de mes droits dans le placer Saint-Elie supportent toutes les dépenses auxquelles pourra donner lieu, jusqu'à son entier achèvement et dans la proportion de droits que je leur ai légués dans ce placer".
Le 31 octobre 1874, le commerçant Adolphe Diamanthe, représentant légal de Théophile Vitalo lors de toutes les transactions immobilières (Théophile Vitalo est illettré) et lors de ses absences, achète la maison voisine située au 18, rue de Berry. Le 7 mars 1876, Théophile Vitalo acquiert les deux terrains immédiatement situés au nord de sa maison, appartenant aux héritières Bertille, au 24 rue de Berry. Le 17 novembre 1888, il achète à madame Grant veuve Decouris la maison située au sud au 20 rue de Berry.
Un immeuble et une cour très transformés après 1931
La famille Robin-Nouvet, occupante depuis 1931, rachète les lieux en 1939. En 1955, la rue du capitaine Bernard est percée immédiatement au sud de l'immeuble, occasionnant une situation de parcelle d'angle inédite. Peu de temps après, vers 1956, une extension de béton est construite par la famille Wong-Kong-Hong à l'angle sud-est, le long de la nouvelle rue, pour concentrer les fonctions de salles de bain et cuisines, comme il est d'usage à cette période sur les maisons créoles de Cayenne. Cette extension supprime les remises à carrosses visibles sur les clichés Darbois de 1951.
En 1991, alors que la fonction de commerce au rez-de-chaussée a entraîné des modifications sur les ouvertures et la distribution, et que la cour et la fontaine sont délaissés et que la division en appartements a transformé les intérieurs, une protection est proposée par l'architecte en chef des monuments historiques Arnaud de Saint-Jouan, qui envisage la destruction de l'extension moderne. L'immeuble est inscrit le 26 novembre 1992, et le même architecte propose de classer la façade, les toitures, les décors intérieurs, la fontaine, le pavage de la cour et la grille d'entrée le 10 décembre 1993, sans suite.
En 1995, des travaux de restauration dirigés par l'architecte des bâtiments de France Jean-Michel Moreau concernent les façades et la toitures, ainsi que les escaliers intérieurs et les planchers.
En juin 2026, l'ensemble de l'immeuble est en vente.
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Période(s)
- Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
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Dates
- 1875, daté par source
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Auteur(s)
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Auteur :
Vitalo Théophileauteur commanditaire attribution par sourceVitalo ThéophileCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Laurent-Archange dit Théophile Vitalo, chercheur d'or devenu la "première fortune de Guyane" selon la tradition orale
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Auteur :
Edifice de quatre étages à structure en pan de bois à poteaux et aisseliers, avec remplissage de briques rouges. L'ensemble est recouvert de planches montées à clin sur l'ensemble des élévations, sauf le rez-de-chaussée et la façade arrière à l'est. La façade occidentale est ornementée de balcons ouvragés en ferronnerie aux premiers et deuxième étages. Au premier étage, celui-ci valorise au centre un décor blasonné en métal avec le chiffre/monogramme "TV" pour "Théophile Vitalo". La charpente de type traditionnelle ménage un étage de comble sous le toit à quatre pans.
L'immeuble compte des auvents filants sur le rez-de-chaussée et le premier étage, des menuiseries extérieures à lames persiennées à fonction de ventilation et des baies à panneau plein au rez-de-chaussée.
Selon la tradition orale, la cour est recouverte de dalles de calcaire d'importation française, et comprenait jusqu'en 1995, au moins, une fontaine avec un mobilier en fonte orné d'une figurine visible sur les clichés de Dominique Darbois en 1951.
Au moins deux remises à carrosse sont visibles sur un cliché Darbois de 1951, et un cocher palefrenier nommé Georges Kieber est mentionné par un article d'archives en 1876.
L'architecture de la maison Vitalo multiplie les références à l'architecture aristocratique voire royale. Le 7 mai 1875, Théophile Vitalo acquiert la plupart des lots, dont les plus prestigieux, lors de la vente par adjudication du mobilier d'Emile de Goyrena à l'habitation La Marie, habitation qu'il a également achetée quelques mois plus tôt.
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Murs
- bois pan de bois essentage de planches
- brique pan de bois
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Toitstôle ondulée
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Plansplan rectangulaire régulier
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Étagesétage en surcroît
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre : escalier droit escalier en charpente
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État de conservationmenacé, inégal suivant les parties
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée, Immeuble en vente à la date du 19 juin 2026.
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Intérêt de l'œuvremaison d'homme célèbre, à étudier
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Protectionsinscrit MH, 1992/11/26
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Référence MH
- DCJS/CRMH de Guyane
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- (c) IGN
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Documents d'archives
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Archives Territoriales de Guyane : 2E3/42 à 45
Minutes du notaire Rousseau de Saint-Philippe 1873-1875
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DCJS/crmh de Guyane
Dossier d'inscription MH - Maison Vitalo
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Archives Territoriales de Guyane : 2 U 154
Procès-verbal de comparution personnelle des trois frères VITALO (Théophile, Elie, Auguste) devant la cour d’appel de la Guyane française siégeant à Cayenne, 1880.
Bibliographie
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Archives Territoriales de Guyane : 8°755
Jean Petot. L'or de Guyane. Editions caribéennes. 1986. Paris
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