Dossier d’œuvre architecture IA97300010 | Réalisé par
Besnard Lionel (Rédacteur)
Besnard Lionel

Chargé de recherches inventaire du patrimoine, Collectivité Territoriale de Guyane

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  • opération ponctuelle, architecture contemporaine en Guyane
Mairie (Apatou)
Copyright
  • mairie d'Apatou

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Guyane
  • Hydrographies
  • Commune Apatou
  • Adresse 23 avenue du général de Gaulle

L'arrêté préfectoral portant mention de la création de la commune d'Apatou est publié le 12 novembre 1976. Dès lors apparaît, dans la correspondance du préfet, de la nouvelle municipalité et de son premier maire Lambert Amayota, la nécessité de faire construire une mairie.

Le 28 avril 1977, le conseil municipal d'Apatou décide de sa construction, avec un budget prévisionnel de 215 000 francs, où 30% serait supporté par une subvention du ministère de l'intérieur. Le suivi du dossier semble cependant être endossé par les services de la préfecture. Le préfet rejette en effet en février 1978 une première esquisse de l'architecte Jean-Louis Puechavy, architecte de l'agence Ponthus & Dupouy, au motif que "le projet ne correspond pas à la destination d'un bâtiment public, car il s'agira d'une sorte de case de style maison d'habitation à ras du sol et qui paraîtra même plus basse que le reste des constructions environnantes", selon une note manuscrite portée sur la correspondance entre le préfet et la direction départementale de l'équipement. On y lit également: "il faudrait élever un bâtiment suffisamment important de contexture administrative et que l'on puisse remarquer dans le bourg".

Le 15 juillet 1978, lors de la visite du secrétaire d'Etat aux départements et territoires d'outre-mer Paul Dijoud à Apatou, ce dernier promet à la population la construction rapide d'une mairie. Selon un courrier du sous-préfet à Saint-Laurent-du-Maroni Leandri au directeur des départements d'outre-mer Ferret, une maquette est réalisée et présentée au ministre. Selon Leandri, le projet plaît au ministre. Il précise : "la promesse de monsieur Dijoud a été parfaitement enregistrée à Apatou et à chacune de mes tournées elle m'est rappelée". D'ailleurs, le 12 septembre 1978 le préfet Le Direac'h écrit : "Monsieur le secrétaire d'Etat attache en effet une importance particulière à ce que cette opération soit rapidement menée à bien, conformément à la promesse faite lors de sa visite dans cette commune au mois de juillet dernier".

Le 24 juin 1979, l'architecte Jean-Louis Puechavy vient présenter à la municipalité d'Apatou un nouveau projet. Il témoigne être surpris de l'emplacement choisi, "en dehors des limites de la commune" et s'accorde avec les élus sur un nouveau lieu, à l'emplacement d'un carbet. Il fait mention également dans un courrier du 13 juillet 1979 de la forte opposition à son projet. Selon lui, les élus n'adhèrent pas du tout aux références à l'architecture traditionnelle boni :

"Pourquoi nous imposer un style boni? C'est parce que l'on est pauvres que l'on nous impose cela. Nous voulons une mairie comme à Cayenne, Kourou ou Saint-Laurent, puisque Apatou fait partie de la Guyane. Ce que vous nous imposez est l'ancien style boni, nous voulons du moderne".

Toujours selon l'architecte, le style moderne souhaité par les élus se rapporte au "type de case utilisé pour le dispensaire des soeurs". L'architecte obtient alors le soutien du prêtre de la paroisse, qui le défend en expliquant aux élus que le choix du modernisme, "c'est renoncer à leur culture, à leur originalité, à (se) renier soi-même". D'après Puechavy, un tiers des élus finissent par envisager d'accepter, à la condition de prévoir des pentes de toitures moins fortes.

Le 14 septembre 1979, le sous-préfet Leandri rapporte à son tour la forte opposition locale au projet : "j'ai essayé de faire prendre conscience de la valeur architecturale de la construction envisagée". Il semble avoir été écouté, puisque un nouveau projet assez proche, signé par l'architecte de la même agence Jacques Ponthus, comprenant une pente moins prononcée, des nouvelles ouvertures, une meilleure ventilation et une meilleure pénétration de la lumière est finalement accepté le 19 décembre 1979. L'arrêté autorisant le permis de construire est publié le 22 juillet 1980.

Pour un budget de 400 000 francs, le projet est supporté par deux subventions du ministère à hauteur de 100 000 francs chacune et un emprunt du Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple du canton de Maripasoula (SIVOM) à qui la maîtrise d'ouvrage est confiée par le conseil municipal d'Apatou.

Le 31 décembre 1981, l'arrêté attributif de subvention et prorogé pour une durée de deux ans, avec le risque de perdre la subvention car des retards empêchent sa construction. Le 30 juillet 1982, l'architecte certifie que la construction est achevée à 18,20%.

Selon toute vraisemblance, des irrégularités dans les mesures d'acquisition des terrains, constatées par le sous-préfet Leandri, semblent en avoir retardé l'exécution. Les travaux sont terminés avant le 31 décembre 1983.

Edifice en béton armé dont la structure s'inspire de la construction traditionnelle aluku/boni, à l'instar de l'église Notre-Dame de la Délivrande de Maripasoula (1978), dessinée par le même architecte. Ce parti a soulevé une opposition de la municipalité de l'époque, qui préférait un parti moderniste à l'image des constructions de Cayenne, Kourou ou Saint-Laurent-du-Maroni.

Il se compose d'un volume unique coiffé d'une triple toiture à charpente apparente et soutenu par des poteaux de béton. Les murs en béton aggloméré sont masqués par des menuiseries de bois local et un enduit ciment. Le programme prévoit une vaste salle de réunion entourée d'un bureau et d'une chambre de passage, et prévoit une salle d'archives à l'arrière du bureau.

  • Murs
    • béton béton armé
    • béton béton aggloméré enduit
    • bois
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • Apatou, construction d'une mairie 1977-1980.

    Archives Territoriales de Guyane : 1052W133
Date(s) d'enquête : 2026; Date(s) de rédaction : 2026
Collectivité Territoriale de Guyane
Besnard Lionel
Besnard Lionel

Chargé de recherches inventaire du patrimoine, Collectivité Territoriale de Guyane

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