Dossier d’œuvre architecture IA97300011 | Réalisé par
Besnard Lionel (Rédacteur)
Besnard Lionel

Chargé de recherches inventaire du patrimoine, Collectivité Territoriale de Guyane

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  • enquête thématique départementale, architecture moderniste en Guyane
Ecole Jean Macé, précédemment école de Montabo (Cayenne)
Œuvre étudiée
Copyright
  • Collectivité Territoriale de Guyane

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Guyane
  • Commune Cayenne
  • Adresse 216 route de Montabo
  • Cadastre AP01 6

Le groupe scolaire de Montabo, aujourd'hui Jean Macé, a été construit dans un contexte d'urgence et d'espace contraint entre 1959 et 1961 par l'entrepreneur Gabriel Romero sur des plans de l'architecte Boris Ziwès.

Si le préfet Vignon et l'inspection académique qualifiaient déjà ce groupe scolaire de "projet urgent" en 1954, au regard du fort développement de l'est de la ville de Cayenne, la création de l'école n'est concrètement envisagée qu'à partir du 22 janvier 1957, quand le préfet Malvy écrit au maire de Cayenne Barrat pour l'enjoindre de prévoir une école en ayant recours aux projets types ou à un architecte, ainsi que de trouver un terrain au "coût le plus bas possible, éventuellement la gratuité". L'urgence du projet est identifiée en même temps que celle d'une école à Sinnamary. A Cayenne, selon une correspondance plus tardive du préfet, "plus de 300 enfants d'âge scolaire relevant de ce secteur sont astreints, pour venir fréquenter les écoles de la ville, à des déplacements longs et fatigants". La population de Cayenne passe en effet entre 1946 et 1958 de 10 961 habitants à environ 17 000. Dans le dossier de projet de septembre 1959, le rédacteur précisera la raison de ce dynamisme démographique : "du fait de la forte natalité et d'un exode rural, avec le développement du quartier résidentiel Rebard-Castors-Montabo, on observe une saturation des locaux scolaires existants".

Les premières discussions qui aboutiront à l'achat par la commune à l'Etat d'une portion de l'ancien "terrain Rebard" ont lieu en avril 1957.

Le projet d'un groupe scolaire de 6 classes n'est officiellement validé par le conseil municipal que le 25 avril 1958, en prévision de la rentrée scolaire suivante, après l'abandon d'un projet alternatif de transformer en école l'ancien institut Pasteur, devenu inusité depuis une récente reconstruction. Devant le délai trop court, l'occupation provisoire de l'ancienne école Marchoux, boulevard Jubelin, permet finalement de faire face à l'urgence jusqu'à la fin de l'année scolaire 1960.

Un projet conçu en un temps record

Le 6 juillet 1960, le conseil municipal de Cayenne désigne l'architecte Boris Ziwès, "vu l'urgence qui s'attache à la réalisation du projet", alors que le préfet accorde une procédure accélérée. Le 10 août suivant, Ziwès présente ses premières esquisses, où il propose de "serrer le plus possible les constructions, étant donné l'exigüité du terrain", et de réaliser un groupe scolaire de huit classes, augmentation rendue possible par le recours à un seul édifice sur deux étages. Pour ce faire, l'architecte semble s'être souvenu des solutions de l'architecte et ingénieur Claude-Charles Mazet (1908-2000), dont les projets d'écoles dans le Gard et l'Hérault ont retenu toute l'attention de la presse professionnelle entre 1950 et 1955, projets qui lui permettent d'accéder à l'influent "cercle d'études architecturales" aux côtés de Perret, Zehrfuss, Le Corbusier ou Prouvé. A Saint-Dionisy (Gard), il avait ainsi innové par un long corps de deux étages en béton armé, avec un fort contre-fruit, pour loger une école construite en 45 jours pour un coût très modeste d'environ 8 millions de francs.

Les esquisses de Ziwès sont examinées en séance du conseil municipal le 31 août 1960, jour où intervient la décision de construction. Le 25 septembre suivant le projet définitif de l'architecte est déposé à la préfecture et à la mairie. Afin de réduire au maximum les coûts et concentrer les travaux sur ses parties subventionnables, le projet du plateau sportif est abandonné en novembre 1960. Dans son mémoire explicatif, Ziwès précise que l'orientation légèrement décalée face aux vents dominants des façades permet de les "protéger au maximum des violentes pluies tropicales. Cette protection est complétée par des murs présentant un fruit vers l'extérieur, ces murs faisant également office de brise-soleil".

Le 4 décembre 1959 est publié l'arrêté de subvention, alors que la vente à l'amiable des terrains par l'Etat s'opère le 30 décembre 1959. L'adjudication des travaux à l'entrepreneur Gabriel Romero intervient le 12 février 1960. Le 12 octobre 1960, 52% des travaux sont achevés. La réception provisoire des travaux est signée le 21 janvier 1961, celle définitive après quelques légères modifications le 9 janvier 1962.

Vingt ans plus tard, en juillet 1981, l'architecte Maurice Chauvier signe les plans d'extension, avec deux classes et un logement, au sud de l'école principale, sur l'espace initialement prévu par le plateau sportif.

Edifice orienté est-ouest sur deux étages en ossature béton armé avec remplissage aggloméré de ciment enduit. Les façades nord et sud présentent un contre-fruit important associé à une saillie de la terrasse permettant d'associer gain de place avec une fonction de brise-soleil et de lutte efficace contre la pluie. L'ensemble est couvert d'une dalle de béton traitée pour l'étanchéité. La façade sud comprend des galeries couvertes permettant un passage libre d'1.50m. Les huit classes sont assemblées dans le même volume (deux classes spacieuses de 53m2 pour chaque niveau, des deux côtés) avec une distribution centrale depuis un escalier à double révolution, ainsi qu'une entrée séparée entre garçons et filles (à l'origine). L'entrée est protégée par un auvent de béton qui se démarquait par un mât et un drapeau dans le projet d'origine. A l'est et à l'ouest, deux prolongements moins hauts complètent l'édifice avec deux logements F4 de type "Logeco" dont l'un communique directement avec le bureau du directeur.

A l'arrière du bâtiment de façade logeant les classes, le vestibule d'entrée permet de communiquer avec l'espace de restauration, placé en retour : une cuisine centrale communiquant sur deux cantines traitées très simplement et ouvertes sur les deux cours de récréation.

  • Murs
    • béton pan de béton armé enduit
    • béton parpaing de béton enduit
    • bois
  • Toits
    béton en couverture
  • Plans
    plan rectangulaire régulier
  • Étages
    1 étage carré
  • Élévations extérieures
    élévation à travées
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier à double révolution
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Exemple intéressant de solution architecturale moderniste dans un contexte d'urgence et un espace contraint.

Documents d'archives

  • Equipement communal.-Commune de Cayenne, groupe scolaire de Montabo, construction : dossiers financier et technique (dont plans).

    Archives Territoriales de Guyane : 562w3

Bibliographie

  • Michèle François (dir.), Florence Marciano. Claude-Charles Mazet (1908-2000) L'innovation au service de l'architecture d'après-guerre. DRAC Occitanie/Ministère de la Culture. Montpellier. 2019

Documents figurés

  • 10 clichés des écoles de Cayenne vers 1970.

    Archives Territoriales de Guyane : 10Fi162
Date(s) d'enquête : 2026; Date(s) de rédaction : 2026
Collectivité Territoriale de Guyane
Besnard Lionel
Besnard Lionel

Chargé de recherches inventaire du patrimoine, Collectivité Territoriale de Guyane

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