Chargé de recherches inventaire du patrimoine, Collectivité Territoriale de Guyane
- enquête thématique régionale, Patrimoine de l'économie aurifère en Guyane
- Collectivité Territoriale de Guyane
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Guyane
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Commune
Cayenne
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Adresse
10 rue du lieutenant Brassé
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Cadastre
1978
AC
358
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Dénominationsmaison
La maison Goyriena, dont la tradition orale au 21e siècle n'a pas retenu le nom des premiers propriétaires, recèle pourtant une histoire qui éclaire celle de la colonie dans la deuxième moitié du 19e siècle.
D'abord élégante construction d'une famille de colons bordelais, qui y a associé l'ampleur et la situation d'une maison de commerce avec le raffinement d'un hôtel particulier, elle devient en 1874 la propriété du chercheur d'or Théodore Céïde, enrichi par l'exploitation des placers Dieu-Merci et Saint-Elie. Alors que la famille bordelaise liquide ses propriétés et activités en Guyane, la maison concentre ensuite les activités de Théodore Céïde dans la prospection aurifère, l'entreprise de construction, la blanchisserie ou le transport maritime. Idéalement placée entre le canal Laussat et le marché, proche du port, elle est aussi le théâtre de réceptions grandioses attestées par la présence de réserves alimentaires et vinicoles gargantuesques. Quand Céïde meurt en 1883, Un journaliste du Réveil de la Guyane écrit même que "toute la Guyane puisait à son coffre", alors qu'Atipa mentionne les fêtes et le commerce des Céïde dans le roman éponyme en 1885.
Son emplacement privilégié a entraîné la succession de plusieurs maisons commerciales et enseignes qui ont altéré son état initial, mais elle demeure un jalon essentiel et précoce du développement de l'architecture domestique locale .
Maison construite avant 1873 par la famille de Goyriena, famille de commerçants basque bien implantée à Bordeaux, qui s'associe à Célestin Lalanne en Guyane et possède plusieurs habitations dans l'ile de Cayenne au milieu du 19e siècle.
La cessation des activités des Goyriena et leur retrait de la Guyane coïncide avec la fortune des frères Céïde et Vitalo, fondées sur les récentes exploitations de l'or des placers Dieu-Merci et Saint-Elie. Ces derniers acquièrent une bonne partie du patrimoine guyanais des Goyriena : si le mobilier luxueux de la famille est acheté par Théophile Vitalo lors d'une vente par adjudication en avril 1875, la grande maison et la parcelle contigüe entre le marché et le canal Laussat sont acquis par Théodore Céïde après licitation du patrimoine Goyriena en Guyane. La maison est acquise le 21 avril 1874 pour la somme de 56 000 francs.
Théodore Céïde quitte alors sa maison du 33 rue de Provence (actuel 39 rue du Lieutenant Goinet) et habite la maison Goyriena, qu'il meuble avec éclat (voir description) et où il dirige ses activités. Celles-ci se diversifient au même moment : alors qu'il est décrit comme "entrepreneur de construction" avant cette période, le précieux inventaire après décès conservé aux archives territoriales permet de saisir la nature de ses nombreuses activités, ainsi qu'un train de vie très dispendieux. Depuis les bureaux garnis de coffres-forts de la maison Goyriena, il dirige les activités aurifères de ses nombreux placers, de la blanchisserie construite à Baduel en association avec son frère Aristide en juin 1877, de l'entreprise de construction, ou d'exportation d'or natif, de roucou et de café au moyen des deux navires à vapeur qu'il possède, dont le Dieu-Merci, grand navire qu'il a fait construire à Pembroke (Royaume-Uni).
A la mort de Théodore Céïde en 1883, la propriété est divisée en trois lots : deux pour ses beaux frères Piomba et Darnal, le lot principal pour son fils, qui le vend à la société Wacongne et Antier. Cette société concentre alors une partie de ses activités sur la même parcelle à l'emplacement avantageux au coeur de la vie commerçante de la cité.
La charpente en mauvais état est restaurée en 2001 alors que la maison est devenue un commerce et la propriété de la famille Tchou-Liong.
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Période(s)
- Principale : 3e quart 19e siècle , (incertitude)
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Auteur(s)
- Auteur :
Grande maison à structure en pan de bois, avec poteaux, aisseliers et décharges avec remplissage de briques. La grâcieuse toiture à larges évasements et coyaux est décrite originellement comme couverte de bardeaux, remplacés aujourd'hui par des feuilles de tôle.
La sobre façade était animée à l'origine par un garde-corps en bois à balustres plates découpées, visibles sur les clichés anciens, remplacé au 21e siècle par un balcon associant béton et métal. A l'arrière, une "véranda" ou galerie très abîmée prolonge la salle à manger de l'étage avec un parement élégant de persiennes à lames orientées qui domine la cour. Cette dernière, ornée par un puits et une fontaine selon un plan cadastral de 1897, ménageait une cuisine au sud-est, ainsi qu'une sellerie, une écurie, des remises à voitures, des hangars et des magasins.
Outre les nombreuses autres possessions de Théodore Céïde, son précieux inventaire après décès dressé en mars 1883 par le notaire Rousseau de Saint-Philippe décrit précisément la contenance de la maison du chercheur d'or et entrepreneur de travaux au moment de sa mort. Le vocabulaire employé ("antichambre", "salon") est celui de la demeure aristocratique urbaine.
Proche du port, où sont amarrés ses deux navires à vapeur (le "Dieu-Merci", dont la réplique sous verre orne le salon, et le "Jason", responsables du cabotage de nombreuses denrées sur les côtes de Guyane et du Brésil), la maison possède une façade place du marché et une longue parcelle à l'arrière couverte de hangars et de magasins où sont entreposées des quantités importantes de matériel de construction (des milliers de briques, tuiles ou des stocks importants de bois de charpente locaux ou importés d'Europe, piquets de wapa), d'outils pour forgerons, charpentiers, chaudronniers, scieurs de long, maçons et chercheurs d'or, mais également du matériel lié à l'activité de blanchisserie, des canots et des chalands amarrés sur le canal. Théodore y entretient également des mules et chevaux dans une écurie, quatre voitures hippomobiles (dont une Victoria et un coupé neuf), des tombereaux et cabrouets.
L'inventaire rend également compte d'un train de vie extrêmement dispendieux, avec une liste impressionnante de vins, parmi lesquels beaucoup de grands crûs (286 bouteilles de Mouton Rothschild, 48 bouteilles de Château Margaux...) ou des biens de consommation de prestige (22 demi-boîtes de truffes d'importation, à titre d'exemple). Sur un ensemble de biens estimés à 80 000 francs, 10 000 sont issus des estimations de vins et liqueurs. Les vaisseliers contiennent un nombre important de services complets, marqués "TC" ou "Dieu-Merci", et même un service "incassable" spécialement conçu pour le service sur le navire "Dieu-Merci". La cuisine est également équipée d'une "machine à sorbets" ou d'une "machine à nettoyer les couteaux" témoignant aussi d'une attention marquée pour la qualité des réceptions.
Le mobilier, également luxueux et estimé à environ 17 000 francs, comprend une trentaine d'oeuvres d'art (dont une grande photographie de Théodore Céïde, des nombreux tableaux de paysage, des scènes de genre ou des peintures orientalistes), de lustres, verrines et chandeliers en cristal, ainsi que de nombreux tapis. Si la chambre à coucher semble retenir une esthétique "Louis XV", le salon est plutôt unifié par la référence à Louis XVI, alors qu'une "vue de Versailles" est également décrite. Le mobilier en bois précieux (palissandre, noyer et acajou) domine, jusque dans la présence d'un billard en palissandre avec boules en ivoire. Les deux bureaux contiennent des coffres-forts et des balances de précision, et les initiales "TC" marquent un très grand nombre d'objets, comme sur le balcon de la maison construite par Théodore Céïde au 39 de la rue du Lieutenant Goinet.
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Murs
- bois pan de bois
- brique maçonnerie enduit
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Toitstôle ondulée
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Plansplan rectangulaire régulier
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Couvrements
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Élévations extérieuresélévation ordonnancée
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Escaliers
- escalier dans-oeuvre
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État de conservationmauvais état
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Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
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Intérêt de l'œuvremaison d'homme célèbre, à signaler
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Éléments remarquablesmaison
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Protections
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- archives nationales d'outre-mer
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Documents d'archives
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Archives Territoriales de Guyane : 2E3/59
Minutes du notaire Rousseau de Saint-Philippe, année 1883.
Bibliographie
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Archives Territoriales de Guyane : 8° 2999
Alfred Parépou. Atipa: Roman Guyanais. L'Harmattan. Paris. 2016
Périodiques
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Archives Territoriales de Guyane : Per 564
Le Réveil de la Guyane. 3 février 1883
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